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L'origine de l'Enclave des Papes remonte au XIIIème siècle. A cette
époque, Rome voit s’affronter, d’un côté, les Guelfes, fidèles du Pape,
et, de l’autre, les Gibelins, partisans des empereurs romains germaniques.
Le trône de Saint-Pierre est alors si fortement menacé que le pape Clément
V quitte Rome et transporte le Saint-Siège en Avignon (1309).
Les papes y résideront tout au long du XIVème siècle, faisant de la cité
rhodanienne une opulente cité commerciale, dont le rayonnement
intellectuel se propage partout en Europe.
Avignon fait alors partie du Comtat Venaissin, un territoire cédé, en
1274, par Philippe III le Hardi au Saint-Siège. Une fois installés à
Avignon, les papes acquièrent de nombreuses terres autour de leur cité,
appartenant le plus souvent aux princes d’Orange, afin d’asseoir leur
autorité et d’accroître leurs revenus. La cité papale sera elle-même
rachetée à Jeanne de Naples, en 1348.
C’est dans ce contexte que naît ce que nous appelons aujourd’hui l’Enclave
des Papes. Ainsi, en 1317, sur le chemin qui le ramène de Lyon où il vient
d’être élu, le pape Jean XXII, malade, goûte un vin de Valréas qui,
semble-t-il, le guérit rapidement. Attribuant à ce vin des vertus
miraculeuses, il achète la cité au dauphin du Viennois, Jean II, fils du
prince d’Orange Guy. Par la suite, la condamnation de l’ordre des
Templiers (1312) permettent à Jean XXII d’hériter de l’ancienne
Commanderie de Richerenches (1320). Clément VI, qui comprend l’intérêt
stratégique de ces territoires situés dans les possessions royales du
Dauphiné, poursuit l’expansion du domaine papal en achetant Visan (1344)
et Grillon (1351).
Pourtant, ces quatre territoires resteront toujours isolés du Comtat
Venaissin par un étroit lambeau de terrain (Tulette), possession du
Dauphin, que le Roi, inquiet de l'avancée du Saint-Siège au Sud de son
royaume, refusera toujours de vendre. A partir de ce moment, Grillon,
Richerenches, Valréas et Visan formeront une véritable enclave au sein du
Dauphiné, délimitée par des Bornes Papales. L’administration pontificale
se contentera de les réunir au sein d’une Judicature Majeure, qui viendra
s’ajouter à celles de Carpentras et de l’Isles-sur-Sorgues, pour composer
l’État pontifical du Comtat Venaissin.
Si la Révolution rend le Comtat à la France (1791), la situation
administrative de l’ancienne Enclave ne change guère. Bien que
géographiquement situées dans la Drôme, les communes qui la composent
restent en effet attachées à la nouvelle préfecture d’Avignon.
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